Un noble du Shewa prend le pouvoir en écartant le dernier souverain de la dynastie Zagwe. C'est le début de la lignée que les historiens appellent aujourd'hui salomonide, et qui régnera jusqu'en 1974.
Adam Jones from Kelowna, BC, Canada
Empire d'Éthiopie (dynastie salomonide)
Le seul État africain à n'avoir jamais été colonisé durablement
I Le récit
C'est le seul État africain à n'avoir jamais connu de colonisation durable. Le 1er mars 1896, l'armée de Ménélik II écrase les troupes italiennes à Adoua : première victoire décisive d'une puissance africaine sur une armée européenne à l'ère coloniale, événement qui fait de l'Éthiopie un symbole pour tout le panafricanisme naissant. L'occupation italienne de 1936-1941 sera brève et jamais reconnue par la Société des Nations.
Hailé Sélassié Ier, couronné en 1930, dote le pays de sa première constitution écrite, fait entrer l'Éthiopie à la Société des Nations puis à l'ONU, et accueille à Addis-Abeba le siège de l'Organisation de l'unité africaine en 1963. Son couronnement est à l'origine du mouvement rastafari, qui voit en lui le messie annoncé.
Déposé par le Derg en septembre 1974, il meurt en août 1975 dans des circonstances jamais élucidées. La monarchie est abolie en 1975, refermant sept siècles de dynastie.
II Histoire
La dynastie se déclare descendante en ligne masculine directe de la maison royale d'Aksoum, qui avait régné du Ier au Xe siècle, et par elle du roi Salomon. C'est une revendication de légitimité, formulée après coup : elle dit ce que le pouvoir voulait être, et c'est à ce titre qu'elle fait partie de l'histoire.
Ménélik II, puis sa fille Zewditu, sont les derniers souverains à pouvoir revendiquer une descendance masculine ininterrompue. Lij Iyasu et Haïlé Sélassié Ier y accèdent par les femmes — le premier par sa mère, le second par sa grand-mère paternelle. La branche masculine subsistait, écartée.
Haïlé Sélassié Ier, dernier empereur, est déposé pendant la révolution éthiopienne. Les membres de la famille impériale présents dans le pays sont emprisonnés ; certains sont exécutés, d'autres exilés. La famille est aujourd'hui non régnante.
III Monuments
La cité fortifiée des empereurs à partir du XVIIe siècle : châteaux de pierre, palais, églises et bains, dans une enceinte de 70 000 m². Une architecture qui ne ressemble à aucune autre en Afrique — et qui date du moment où la cour cesse d'être itinérante pour se fixer. Inscrite au patrimoine mondial en 1979.
V Expériences
Fasil Ghebi, Gondar, Éthiopie · toute l'année — Sept hectares de châteaux de pierre, de salles de banquet et de bains, bâtis par des empereurs qui venaient de renoncer à la cour itinérante. On y lit la sédentarisation d'un pouvoir, bâtiment par bâtiment.
VIII Ce que ce royaume a semé ailleurs
Ces liens sont sourcés et restent à valider par la curation avant mise en avant publique.