Afrique · Afrique du Sud · Afrique Australe

PAÏYA

XVIIIᵉ siècle – 1879

Royaume Bapedi (Sekhukhune)

Royaume pedi du Limpopo, résistance coloniale

Langue Pedi (sotho du Nord), l'une des onze langues officielles sud-africaines
Capitale Phiring, puis Thaba Mosega dans les monts Lulu
Dynasties Marota ; Sekwati (1775-1861) puis Sekhukhune
Influence Terres entre le Vaal et le Limpopo, au Transvaal

I Le récit

Les Bapedi — qui se nomment eux-mêmes Marota — sont un peuple sotho établi au Transvaal, dans l'actuelle Afrique du Sud. Leur royaume s'étend sur les terres comprises entre le Vaal et le Limpopo, un territoire qu'ils tiennent pour leur pays et dont ils décident qui entre et qui n'entre pas.

L'histoire ancienne des Pedi, comme celle des Sotho en général, reste peu connue. On sait que des populations travaillant le fer et parlant probablement le proto-sotho occupent Phalaborwa depuis le VIIIᵉ siècle et la région de Johannesbourg depuis le XIᵉ ; les premières poteries qui leur sont attribuées datent de 1300 à 1500, et les indices anthropologiques et linguistiques pointent vers une origine est-africaine. Les catégories « nguni » et « sotho-tswana » elles-mêmes sont moins étanches que l'ethnographie ne l'a longtemps supposé : les mouvements d'idées, de pratiques et de personnes ont constamment traversé la ligne du Drakensberg.

Le royaume prend sa forme sous Sekwati (1775-1861) puis sous son fils Sekhukhune. Le premier tient tête aux Voortrekkers de Hendrick Potgieter : à Phiring, en 1838, il les défait par la seule tactique d'un bastion établi sur une colline imprenable, avant de déplacer son quartier général à Thaba Mosega, dans les monts Lulu. Le second bâtit une puissance d'un genre neuf. Souverain contesté — son demi-frère Mampuru, héritier légitime, doit fuir —, Sekhukhune compense ce défaut de légitimité par des mariages diplomatiques avec d'autres dynasties royales, par l'incorporation de sociétés voisines et par la conquête.

Sa trouvaille est économique autant que militaire. Il envoie des jeunes hommes, encadrés par des chefs désignés, travailler dans les fermes blanches et les mines de diamants ; l'argent gagné est taxé, et sert à acheter des fusils aux Portugais de la baie de Delagoa et du bétail pour enrichir les Marota. Au milieu du XIXᵉ siècle, l'empire marota a rassemblé sous une même royauté des populations jusque-là disparates. Il s'effondre au terme d'une série de guerres qui s'achèvent en décembre 1879 ; après la mort de Sekhukhune, Pretoria découpe le Sekhukhuneland en petites unités « tribales » relevant non plus d'une autorité marota centrale mais de commissaires. Le travail migrant, qui avait servi à bâtir l'empire, se retourne alors contre ceux qui l'avaient inventé.

II Histoire

VIIIᵉ-XVᵉ siècles — l'arrière-plan

Des populations travaillant le fer occupent Phalaborwa dès le VIIIᵉ siècle ; les premières poteries attribuées aux locuteurs sotho datent de 1300 à 1500.

1838 — Phiring

Sekwati défait les Voortrekkers de Potgieter en tenant une colline imprenable, puis se replie sur Thaba Mosega.

Une légitimité contestée

Sekhukhune écarte Mampuru, l'héritier légitime, et compense par des mariages diplomatiques, l'incorporation de sociétés voisines et la conquête.

Le travail migrant comme arme

Les jeunes hommes envoyés dans les fermes et les mines rapportent un revenu taxé, qui achète des fusils aux Portugais de la baie de Delagoa.

Décembre 1879 — la fin

Les guerres s'achèvent ; Pretoria découpe ensuite le Sekhukhuneland en unités tribales placées sous commissaires, ce qui défait l'empire marota.

VIII Ce que ce royaume a semé ailleurs

Sekhukhune Ier — Wikipédia reference Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sekhukhune_Ier
Sekhukhune — Wikipédia (anglais) reference Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Sekhukhune

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