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PAÏYA

Fondation débattue (XIᵉ–XVᵉ siècle) — royauté vivante

Royaume de Ouagadougou (Mogho Naba)

La cour du Mogho Naaba, et le faux départ du roi chaque vendredi

Langue Mooré — le Mogho Naaba ne s'exprime publiquement dans aucune autre langue
Capitale Ouagadougou, fondée par Naaba Oubri
Dynasties Descendance de Ouedraogo, fils de Yennenga ; Baongo II est le 37e roi selon la tradition orale
Influence Plateau mossi, centre du Burkina Faso ; parenté avec les Dagomba et les Mamprusi du Ghana

I Le récit

Le royaume de Ouagadougou — Wogdogo en mooré, aussi nommé Oubritenga, « la terre d'Oubri » — est l'un des royaumes mossi du plateau central de l'actuel Burkina Faso. Son souverain porte le titre de Mogho Naaba, littéralement « chef (naaba) du monde (mogho) ». La tradition le donne pour représentant du soleil ; elle le tient en grande vénération.

La dynastie descend de Yennenga, cavalière et fille du roi de Dagomba, et du chasseur Rialé : leur fils Ouédraogo fonde la lignée, et son petit-fils Oubri fonde Ouagadougou. C'est de la descendance d'Oubri que les hauts dignitaires de la cour choisissent, aujourd'hui encore, chaque nouveau Mogho Naaba. La liste des souverains et la durée de leur règne sont récitées chaque matin à l'arrivée du roi, mémoire tenue par le Bend Naba et les griots de la cour.

Le pouvoir n'a jamais été celui d'un homme seul. S'il incarnait l'unité du royaume, le Mogho Naaba gouvernait par ses dignitaires et restait soumis à la coutume — ce que la cérémonie du vendredi met en scène depuis des siècles. Son autorité ne s'étend pas non plus aux quatre autres royaumes mossi de Tenkodogo, Fada N'Gourma, Boussouma et Ouahigouya, dont les souverains descendent comme lui de Yennenga : traditionnellement, ces rois s'évitent.

L'histoire récente a défait le pouvoir légal de la royauté sans défaire son autorité morale. En 1958, après une tentative de coup d'État du Mogho Naaba Kougri, le premier président de la Haute-Volta supprime la loi organisant les chefferies des cinq royaumes. Sous la présidence de Thomas Sankara, le reste du texte est abrogé au motif que la chefferie incarnerait le passéisme ; le Mogho Naaba est confiné dans son palais de Ouagadougou et il lui est interdit de tenir cour. Les chefs traditionnels gardent depuis un rôle symbolique, sans aucun pouvoir légal.

Ce rôle symbolique s'est pourtant révélé décisif. Naba Baongo II, couronné le 21 décembre 1982 en succession de son père Naba Kougri, est crédité d'avoir joué un rôle central dans le retour à un pouvoir civil après la tentative de coup d'État de septembre 2015, évitant vraisemblablement des violences. Il reçoit à ce titre, le 26 septembre 2015, le prix de la paix des Amis du Burkina Faso, puis en 2017 le prix Macky Sall pour le dialogue africain.

Présence vérifiée — Naba Baongo II, né en 1956 et tenu par la tradition orale pour le 37ᵉ roi des Mossi, est en fonction. Il a présidé au palais royal de Panghin, le 15 mai 2026, la troisième Journée des coutumes et des traditions, sur le thème de la justice traditionnelle et des spiritualités dans le Moogho, et recevait encore en audience le 6 février 2026. Vérifié le 10 août 2026.

Contradiction signalée, non arbitrée — la datation de la fondation varie selon les sources : le royaume mossi est fondé « au XIIᵉ siècle » par Ouédraogo selon une notice, tandis que d'autres travaux placent l'installation d'Oubri à Ouagadougou au XVᵉ siècle. L'écart tient à la nature de la source : la chronologie repose sur une liste dynastique orale, récitée et non datée. Aucune des deux versions n'est retenue ici.

Réserve de méthode — le nom d'état civil du Mogho Naaba n'est en principe jamais révélé au public, et il est formellement interdit de le prononcer. Ce que les sources nomment est le nom de règne.

II Histoire

XIIe siècle — Yennenga, Ouedraogo, et l'origine mossi

La tradition fait descendre la royauté mossi de Yennenga, fille du roi de Dagbon partie vers le nord, et du chasseur Rialé. Leur fils Ouedraogo fonde la chefferie mossi indépendante. La liste de cour lui donne un règne s'achevant en 1132, suivi de Naaba Zoungrana.

Naaba Oubri fonde Ouagadougou

Petit-fils de Ouedraogo, Oubri est le premier Moro Naba et fonde la ville de Ouagadougou. La chronologie traditionnelle place son règne de 1182 à 1244 — ce sont des dates de récitation, pas des dates d'archives.

1958 — la chefferie privée de son cadre légal

Après une tentative de coup d'État du Mogho Naaba Kougri, Maurice Yaméogo, premier président de la Haute-Volta, supprime la loi qui organisait les chefferies des cinq royaumes du pays.

21 décembre 1982 — Baongo II sur le trône

Baongo II est couronné Mogho Naaba en succédant à son père, Naaba Kougri. Sans pouvoir formel, il exerce une autorité morale : c'est à ce titre qu'il est sollicité comme médiateur dans les crises politiques burkinabè.

1983-1987 — le palais fermé sous la révolution

Thomas Sankara abroge ce qui restait du texte sur la chefferie coutumière, jugée passéiste et aristocratique. Le Mogho Naaba est confiné dans son palais et il lui est interdit de tenir cour. Les chefs traditionnels conservent un rôle symbolique, sans aucun pouvoir légal.

III Monuments

Le palais du Mogho Naaba, Ouagadougou Ouagadougou, Burkina Faso

Résidence du souverain et siège de la cour, au centre de Ouagadougou. C'est devant son entrée que se tient le faux départ du vendredi. Le conseil compte seize ministres, qui sont aussi les chefs des vieux quartiers de la ville : le Ouidi Naaba pour la cavalerie et le quartier Ouidi, le Goungha Naaba pour l'infanterie et Gounghin, le Larlé Naaba pour les tombes royales et Larlé, le Baloum Naaba pour l'intendance et la parole du roi, et le Tansoba Naaba pour la guerre — celui-là devait mourir sur le champ de bataille en cas de défaite.

IV Rites

Le faux départ pour la guerre (Nabayious Gou), tous les vendredis vers 7 h

Devant le palais, à Ouagadougou, depuis plusieurs siècles : le Mogho Naaba sort en tenue rouge, celle de la guerre, prêt à monter à cheval. Ses ministres et ses épouses saisissent la selle pour l'empêcher de partir. Il rentre, réapparaît vêtu de blanc — la couleur de la paix — pendant qu'on dessangle le cheval, et un coup de canon célèbre la paix. La cérémonie est publique.

La liste des rois récitée chaque matin

À l'arrivée du souverain, la liste de tous les Mogho Naaba et la durée de leur règne sont récitées. Cette mémoire est tenue par le Bend Naba et les griots de la cour : c'est l'archive du royaume, et elle est orale.

Le nom qu'on ne prononce pas

Le nom d'état civil du Mogho Naaba n'est en principe jamais rendu public, et il est interdit de le prononcer. En audience, le roi porte le faso dan fani, entouré des songda, les enfants serviteurs.

V Expériences

🐎 Assister au faux départ du vendredi matin

Palais du Mogho Naaba, Ouagadougou · chaque vendredi vers 7 h — La cérémonie est publique et dure une vingtaine de minutes : la sortie en rouge, la selle retenue, le retour en blanc, le canon. Un rituel de paix rejoué depuis des siècles, à l'heure où la ville s'éveille.

VIII Ce que ce royaume a semé ailleurs

L'Empire du Mogho-Naba — Wikipédia reference Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Empire_du_Mogho-Naba
List of rulers of Wogodogo — Wikipédia (anglais) reference Source : https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_rulers_of_Wogodogo

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