Afrique · Tanzanie · Afrique de l'Est

PAÏYA

XVIᵉ siècle – abolition des chefferies en 1963

Royaumes Chagga

États bantous précoloniaux du Kilimandjaro, rois « Mangi »

Langue Kichagga, continuum de dialectes bantous ; swahili comme langue commune
Capitale Aucune — plusieurs dizaines de chefferies, dont Marangu, Moshi, Kibosho, Machame, Rombo
Dynasties Lignées de mangi, propres à chaque chefferie
Influence Pentes du Kilimandjaro et région de Moshi, nord de la Tanzanie

I Le récit

Les Chagga occupent les pentes du Kilimandjaro, dans le nord de la Tanzanie, et y ont formé jusqu'au XXᵉ siècle une constellation d'États — non pas un royaume, mais plusieurs dizaines de chefferies souveraines, rivales et alliées tour à tour. Leur souverain porte un titre commun à tous les dialectes : mangi, « roi ». Les Britanniques traduiront systématiquement par « chef », requalification qui n'était pas linguistique mais politique — elle faisait de ces souverains des sujets de la Couronne.
La population descend de groupes bantous venus, selon la tradition, de la région des actuels Zambie et Malawi, dans une migration que l'on situe autour du XIᵉ siècle. Les récits d'origine recueillis par les voyageurs européens à la fin du XIXᵉ siècle divergent : le mangi Marealle de Marangu faisait venir les siens de l'Ukamba, les gens de Moshi des monts Usambara, tandis que les Wakibosho se disaient installés sur la montagne depuis toujours. Peu de mangi revendiquent aujourd'hui ces origines extérieures, et la raison est claire : reconnaître une venue d'ailleurs affaiblirait la revendication sur la terre.
La richesse chagga vient du sol volcanique et de ce qu'ils en ont fait. Le kihamba, jardin d'altitude où le bananier abrite le caféier, superpose plusieurs étages de culture sur la même parcelle ; les mfongo, canaux d'irrigation creusés à flanc de pente, conduisent l'eau de la forêt d'altitude jusqu'aux terrasses. Ce système hydraulique et agroforestier, entretenu depuis des siècles, explique une densité de peuplement exceptionnelle et une prospérité qui a survécu aux chefferies : les Chagga sont aujourd'hui le troisième groupe de Tanzanie par le nombre, et l'un des plus prospères.
Le XXᵉ siècle emporte les États sans emporter la société. La colonisation allemande, puis britannique, réduit les mangi à des relais administratifs ; l'indépendance de 1961 et la suppression légale des chefferies en 1963 mettent fin à leur existence politique. Restent la terre, l'organisation de l'eau et une identité que les travaux récents montrent en tension : la réforme de la gestion de l'eau sur le Kilimandjaro, en substituant l'attribution administrative à la règle communautaire des mfongo, touche à ce qui fondait l'appartenance.

II Histoire

v. XIᵉ siècle — la montée sur la montagne

Des groupes bantous s'établissent sur les pentes du Kilimandjaro ; la tradition les fait venir du sud du continent.

Les mfongo et le kihamba

Canaux d'irrigation creusés à flanc de pente et jardins étagés sous les bananiers : le système qui fait la densité et la richesse chagga.

XIXᵉ siècle — les États rivaux

Plusieurs dizaines de chefferies souveraines, dont Marangu, Kibosho et Moshi, s'allient et s'affrontent sur la montagne.

Le mot « chef » contre le mot mangi

L'administration britannique traduit mangi par « chef » : une requalification politique plus que linguistique.

1961-1963 — la fin politique

Après l'indépendance, la suppression légale des chefferies met fin à l'existence institutionnelle des royaumes chagga.

VIII Ce que ce royaume a semé ailleurs

Chagga (peuple) — Wikipédia reference Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chagga_%28peuple%29
Chaga people — Wikipédia (anglais) reference Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Chaga_people

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